Guy Hennebelle

Un défricheur iconoclaste

Né le 7 septembre 1941 à Armentières (59).
Etudes de journalisme (Ecole Saint Luc, Belgique).

Novembre 1962- juin 1963

Premier séjour en Algérie après l’indépendance. Collabore à Alger Républicain.

1964-1965

Animateur à la Fédération loisirs et culture cinématographiques (FLECC ). Ecrit des critiques de films dans la revue Téléciné.

Aout 1964

Un mois de stage en Kabylie, organisé par Daniel Junqua, du CRI ( journal de la jeunesse étudiante chrétienne). Il anime des ciné-clubs à Bouira.

1965

Au printemps, il succède à Daniel Junqua dans l’organisation de stages pour futurs coopérants en Algérie où il retourne.
A l’instigation d’Hervé Bourges qui travaille alors au ministère de l’Information, il entre début septembre comme pigiste au quotidien El Moudjahid ; il devient responsable de la rubrique cinéma. En juin 1966, il prend le pseudonyme d’Halim Chergui. Jusqu’en juin 1968, il écrira plus de 600 articles.

1966

Il épouse Monique Martineau, enseignante. Deux enfants : Isabelle, journaliste et Patrick, astrophysicien. Quatre petits-enfants.

1967

Il collabore à Algérie actualités et à Révolution africaine, sous le pseudonyme de Kamel Bensaïd.
A partir de juillet, la rubrique cinéma d’El Moudjahid est assurée avec Ahmed Bedjaoui dont le pseudonyme est Reda Koussim.

1968

En juillet, il revient en France.

1969-71

Il collabore à des revues de cinéma comme Cinéma, Jeune Cinéma, Cahiers du cinéma, Cinéaste, Cinéma-Québec ainsi qu’à Jeune Afrique.

1969-72

Collaboration régulière à l’Afrique littéraire et artistique (directeur Pierre Biarnès, rédactrice en chef Paulette Decraene). Il y écrit Les Cinémas africains en 1972 (n°20, 1er trimestre 1972, Société africaine d’édition, Paris, 376 p.).
Il participe en 1972 à la création de la revue Écran.

1971-1980

Collabore à Afrique Asie.

1972

En mai, il est frappé par la poliomyélite. Il passe un an à l’hôpital de Garches en rééducation. Il reste paralysé des jambes.

1973

Il reprend ses collaborations à Afrique Asie. Dans la revue Écran , il assure la rubrique La vie est à nous sur le cinéma militant.
Il parcourt le monde en fauteuil roulant, à travers les festivals de cinéma.

1975

Quinze ans de cinéma mondial, 1960-1975 aux éditions du Cerf, collection 7e Art (432 p ). Dans cet ouvrage, il décrit l’émergence de toutes les Nouvelles Vagues, qui depuis le free cinema britannique au cinema novo brésilien et au jeune cinéma tchèque secouaient le cocotier des vieux cinémas, et, en écho à l’incantation de Che Guevara « Créer un, deux, trois Viêtnam », donnaient l’impression de constituer une insurrection internationale des damnés de la pellicule contre l’ogre hollywoodien. Rapidement épuisé, il est traduit en quatre langues (portugais, espagnol, grec, persan).
Parution du Guide des films anti impérialistes, avec la participation du CILA et du MNSPI, éd. E-100, Paris, 224 p.
Il collabore au Monde.

1976

Il coordonne Cinéma militant (n°5-6, mars-avril de la revue Cinéma d’aujourd’hui, Films Éditions). Ouvrage de synthèse sur ce courant mal connu, né de mai 1968, qui s’assigne une « mission de contre information, d’intervention et de mobilisation ».
Il poursuit ses collaborations comme pigiste dans des revues de cinéma, dans les journaux Le Monde, Le Monde diplomatique, Libération, Politique Hebdo, Afrique-Asie.

1977

Il dirige avec Khemaïs Khayati un ouvrage collectif La Palestine au cinéma (1er trimestre 1977, éd. E-100, 294p.), préfacé par Ezzedine Kalak.

1978

Après une chute et une mauvaise fracture, il décide d’arrêter de voyager.
Il fonde alors, sans moyen, avec son épouse, Monique Martineau et des amis, la revue CinémAction. Elle paraît d’abord comme un hors-série de revues existantes. Le premier numéro est un hors-série de la revue Écran et a pour titre Dix ans après Mai 1968… aspects du cinéma de contestation.
Cette parution accompagne les Journées du cinéma militant qu’il organise de 1977 à 1979 avec Robert Prot à la Maison de la culture de Rennes, dirigée par Chérif Khaznadar.

1979

Avec le soutien d’un groupe d’amis, notamment Anne Couteau, Michel Lefebvre, Yvonne Mignot-Lefebvre, Paul Oriol, CinémAction devient indépendant à partir du numéro Le cinéma au féminisme, dirigé par Monique Martineau (n°9, éd. Papyrus, 202 p.).

1980

Parution de Cinéma et politique, de la politique des auteurs au cinéma d’intervention (2e trimestre, éd. Papyrus-Maison de la culture de Rennes, 376 p.). Cet ouvrage est un bilan des trois années de rencontres à Rennes.

Fin 1981-juin 1983

CinémAction est publié par les éditions L’Harmattan (du numéro 16 à 26).

Septembre 1981

Parution de l’ouvrage Les cinémas d’Amérique latine, dirigé par Guy Hennebelle et Alfonso Gumucio Dagron (éd. L’Herminier, 544 p.). Préfaces d’Edouard Bailby et Louis Marcorelles.

1983

En avril, il prend la direction de la collection 7e Art, Cditions du Cerf. Celle-ci, fondée en 1952 par les Dominicains est la plus ancienne de l’édition française, et probablement de toutes les collections de cinéma du monde. Elle avait été dirigée par Gérard Lenne de 1974 à 1977, puis avait subi une interruption.

Décembre 1983 à avril 1988

Les 7e Artditions du Cerf assurent aussi l’édition de CinémAction.

Depuis 1987

Jean Verrier, professeur des universités à Paris 8, préside l’association Presse, Cinéma et action culturelle, qui encadre la rédaction de CinémAction. Joël Gazel en est le trésorier,

Depuis octobre 1988

Charles Corlet édite CinémAction, en association avec Télérama (à partir d’avril 1989).
Née dans la mouvance du cinéma militant, la revue, sous la direction de Guy Hennebelle, fait connaître des cinémas se développant en marge d’Hollywood, notamment dans le tiers-monde. Elle donne une tribune à toutes les expressions « minoritaires » en France : femmes, immigrés, handicapés, homosexuels, paysans, « minorités » régionales.
Avec le déclin du cinéma militant et de la cinéphilie portée par les fédérations de ciné-clubs, elle accompagne l’institutionnalisation de l’enseignement du cinéma et de l’audiovisuel en France et en Europe : des dossiers de fond sont rassemblés par des universitaires sur l’histoire et les théories du cinéma et de la communication, les genres, le scénario, le montage, les archives et les métiers du cinéma et de l’audiovisuel.
Avec le soutien du Centre national de la cinématographie, elle publie des ouvrages de référence sur la télévision.
Chaque numéro est confié à un coordinateur qui s’attache à traiter le sujet à fond, en fuyant de l’esprit de chapelle. Plus de 5 000 auteurs en France et dans le monde entier ont apporté leur concours.
De nombreux partenariats permettent d’élargir l’audience de la revue : le CNC, la CEE, l’École Louis-Lumière, l’Institut national de recherche pédagogique… Le soutien d’Arte est décisif.

1991

Guy Hennebelle crée avec Monique Martineau et l’association Presse, cinéma et action culturelle la revue trimestrielle Panoramiques, Politique et sociétés, éditée par Charles Corlet. Le premier numéro est réuni par Guy Gauthier, avec le concours de la Ligue de l’Enseignement, qui poursuit, sa collaboration avec les numéros 2 et 3.

Avril 1992

Les éditions Arléa coéditent Panoramiques jusqu’en octobre 1997. Début de la collaboration d’Agnès Guy à Panoramiques. Elle en deviendra rédactrice en chef,

Depuis mars 1998

L’hebdomadaire Marianne, coédite Panoramiques avec les éditions Charles Corlet.
Guy Hennebelle définit l’orientation de la revue en ces termes :

« Axée sur le principe de la discussion franche et de la contradiction assumée, Panoramiques s’évertue à susciter le débat, soit de l’intérieur (dans des numéros réalisés par deux équipes antagonistes), soit en prenant carrément l’opinion dominante à rebrousse-poil.
Nos mille auteurs et plus viennent de tous les horizons (ou presque) et sont de toutes origines culturelles et géographiques. Ce n’est pas un hasard si nos comités de collaborateurs ou de parrainage sont largement métissés. Dérangeants, nous espérons l’être pour tous les « désordres établis »… et l’establishment médiatique qui ne nous fera jamais marcher à son pas de l’oie idéologique. »

Une partie des dossiers sont des bilans globaux sur des questions de politique et de société (Le tribalisme planétaire, L’enfer des mafias, Le lynchage médiatique, Marier le Maghreb à l’Union Européenne ?). Certains numéros défrichent des sujets jusque là presque inexplorés, comme le bizutage, bien avant la déferlante médiatique. D’autres s’insurgent contre le politiquement correct qui règne sur de nombreuses questions.

Octobre 1999

Françoise Puaux devient rédactrice en chef de CinémAction.

Juin 2002

Charles Corlet devient coéditeur avec les éditions du Cerf de la collection 7e Art.

2003

Atteint d’un cancer, Guy Hennebelle rassemble pendant sa chimiothérapie, avec l’aide de Mario Ramon, ses articles sur les combats menés par Panoramiques .
Le 3 juillet, il s’éteint à l’hôpital Ambroise Paré, à Boulogne Billancourt.
En septembre, paraît le hors-série de Panoramiques : Pour quoi nous combattons.

2004

Parution de Les cinémas nationaux contre Hollywood, réédition de son livre Quinze ans de cinéma mondial, corrigée et augmentée par Guy Gauthier, dans la collection 7e Art, désormais dirigée par Françoise Puaux.
En dépit de son handicap, avec le soutien sans faille de Charles Corlet à partir de 1988, Guy Hennebelle a mené une activité éditoriale exceptionnelle,.
Sous sa direction sont parus :

  • En 25 ans, 108 numéros de CinémAction et une dizaine de hors-série ;
  • En 20 ans, 50 ouvrages de la collection 7e Art aux éditions du Cerf ;
  • En 12 ans, 64 numéros de la revue Panoramiques.

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